• Pour ce court texte, je me suis largement et librement inspiré d'une histoire de Giono écrite en 1953, je l'avais déjà publié, mais le message qu'il contient me pousse à le republier, encore et toujours.

     

    Message d'espérances pour une planète en grand péril, mais  ne perdons pas de vue que ces espérances se construisent  par la main et la volonté de l'homme, rien ne se faisant tout seul

     

    L'homme qui plantait des arbres

     

      

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    Nous sommes au début du XXème siècle, au tout début. 

    Le narrateur, appelons le Jean, personnage anonyme et dont le rôle est d'être le témoin de cette histoire, effectue une randonnée dans une contrée située entre les Alpes et la Provence,  région désertique où plus rien ne pousse excepté la lavande. Il campe alors auprès d'un  village abandonné , vestige Gallo Romain,  au milieu d'un désert sans pareil, où pourtant la vie a jadis existé.

    Après une nuit de repos, il reprend son chemin mais manque bientôt d'eau. Il fait, par chance, la rencontre d'un berger silencieux .  Celui-ci lui offre à boire l'eau de son puits, un simple trou d'eau équipé d'un antique treuil,  puis, la nuit tombant vite,  il lui propose de passer la nuit dans sa maison de pierres. 

    Le randonneur est impressionné par la bonne tenue de la demeure et par la vie placide et sereine du berger qui vit seul en compagnie de son chien, de son troupeau de moutons et de quelques chèvres. 

    Les "idées toutes faites " sont tenaces et trouver cette espèce de borie en pleine montagne désertique ne peut qu'être comparée à la vie des hommes des cavernes. Difficile d'imaginer un intérieur propre, bien que modeste et presque confortable. 

    Alors que la nuit s'avance, Jean observe le berger en train d'examiner, de classer, de nettoyer puis de sélectionner,  un tas de glands enfermés dans une boite. Ces glands ramassés et soigneusement triés à l'automne dernier, le berger les avait récoltés par poignées, les sauvant de l'appétit de son troupeau et des sangliers. 

    Il en choisit une petite quantité qu'il met dans un seau et va se coucher. 

    Au petit matin Jean devrait reprendre sa route , mais la scène du soir l'a intrigué, et il demande à son hôte de rester encore un jour pour se reposer. 

    D'un hochement de tête le berger accepte et s'en va, emmenant  son troupeau, le chien à ses cotés. 

    Jean le randonneur, va le suivre par un chemin parallèle et espérer ainsi avoir la réponse à ses questions à propos des glands. 

    Bientôt,  seul le son des sonnailles est encore audible sur le sentier de caillasses. 

    Le berger, dans une clairière désertique s'arrête enfin. Sans perdre de vue son troupeau il entame une sorte de danse qui intrigue le randonneur curieux. Tous les cinquante pas, il lève très haut son bâton ferré et l'enfonce violemment dans le sol amolli par la pluie, y lâche un gland pris dans le seau et s'agenouillant, rebouche le trou en prenant soin d'y mélanger un peu d'humus chichement raclé alentour.

     Si le randonneur avait pu voir les yeux du berger en cet instant il aurait pu y voir pousser une forêt, oh pas pour tout de suite, on a le temps dans la montagne,  pour dans cent ans !

     Ce jour là il en plante beaucoup, comme chaque fois qu'il le peut, une centaine peut être.

     Jean comprend que le berger plante des chênes . Il repeuple une montagne, avec un soin et un amour extrême.

     Le soir, n'y tenant plus il interroge son aimable hôte, il apprend que celui-ci  plante depuis trois ans .  Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille étaient sortis. Sur ces vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié du fait des rongeurs ou de tout ce qu'il y a d'impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n'y avait rien auparavant .

     Parti soldat sur le front de la première guerre mondiale, Jean en oublie le berger, jusqu'au jour où, au détour d'une randonnée dans ces montagnes il repense à son berger silencieux et solitaire.

     Celui-ci, toujours en vie, mais quel âge a t'il donc ? est devenu apiculteur car dit il, le troupeau devenait une trop grande menace pour "sa" plantation.

     La transformation de cette montagne se fait si lentement que personne ne s'en aperçoit, la chose semblant naturelle, d'autant que les arbres commençent à se multiplier par eux-mêmes.

     Rendant visite au berger en compagnie d'un garde forestier, celui-ci, lui recommanda de ne pas faire de feu pour ne pas mettre en danger cette forêt naturelle, c'est si rare dit-il avec sérieux, de voir une forêt pousser toute seule !

     La chose s'ébruita, une délégation officielle vint examiner cette forêt "naturelle", de beaux discours furent prononcés, les grands personnages des Eaux et Forêts se congratulèrent, et comme d'habitude...on ne fit rien sauf, et ce fut une chance, on interdit d'y installer des charbonnières.

     La beauté de ces jeunes arbres avait exercé son pouvoir de séduction sur les élus et les hauts fonctionnaires. Chose par ailleurs tout à fait étonnante, mais ne désespérons pas de la Nature, elle nous réserve plus d'un tour dans son sac.

     Il faut dire aussi que la difficulté de transporter le bois ou le charbon pour les autos à gazogène avait grandement pesé dans la balance, ceci expliquant certainement cela.

      

    En 1945 Jean revoit son berger planteur, il a maintenant 97 ans et solide comme ses chênes il continue son œuvre, il a même diversifié les essences , érables , hêtres, pins noirs, et vit maintenant dans une maison au milieu de ses arbres. Son œuvre s'étend sur des dizaines d'hectares, la vie a repris dans ces villages jadis abandonnés, plus de 10.000 personnes vivent tant bien que mal de la montagne, les sources d'eau vive ont retrouvé leur cours et avec elles les saules et les fleurs des prés s'épanouissent. 

    Quand on lui pose la question s'il est propriétaire de cette terre, il dit que non, qu'il est bien trop pauvre,  qu'il ne sait pas à qui ça appartient et que ça ne le concerne pas. 

     

    Cet homme s'appelait Elzeard Bouffier... Elzéard, comme mon pseudo sur ce blog, un hasard ?

     

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    Mes sources :

     

    Jean Giono , L'homme qui plantait des arbres

    Pierre  Magnan : Ma Provence d'heureuse rencontre "variation sur un thème de Giono".  

    Le Net ...et tout ce qu'il y a écrit à ce sujet.

     


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    Comme chaque année, l'accés aux massifs forestiers est réglementé pour des raisons de risques d'incendies

    du 1er juin au 30 septembre pour les Bouches du Rhône

    21 juin au 30 septembre pour le Var

    Avant de partir en balade ou en rando, chacun doit vérifier l'autorisation en vigueur dans chaque massif.

    Le site officiel de la Préfecture est mis à jour tous les soirs à partir de 17h30 pour le lendemain.

    A noter que des arrêtés municipaux peuvent renforcer ces mesures.

    Le lien pour accéder à cette réglementation c'est ici : 

    Rappel de la réglementation pour info.

    http://www.ancien.paca.gouv.fr/files/massif/

     

    Présentation de la page où se trouvent toutes les autorisations/interdictions

     

    Rappel de la réglementation pour info.

     

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    Pour le Var, clic sur l'image :

     

    Rappel de la réglementation pour info.

    Rappel de la réglementation pour info.

     

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    Rappel de la réglementation pour info.

     

     

     

     


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