• L'île du grand Gaou

     

     Ce dimanche là, c'est une  petite balade facile pour profiter de ce printemps qui n'en finit pas.

    Tout près de Six-Fours, sur la presqu'île de Grand Gaou, au Brusc.

    Une fois garé la voiture le long de la lagune sur un des parkings aménagés et gratuits en ce mois d'octobre, nous filons parmi les flâneurs, les cyclistes et les coureurs, en direction de l'île du petit Gaou où trône la belle statue de la Vénus sortant des flots, nous y passerons au plus près lors de notre retour. 

    Tout de suite nous prenons la seconde passerelle qui nous fait passer sur l'île du Grand Gaou. 

    Ce lopin de terre et de roches que la commune a bien protégé du vandalisme est désormais un sanctuaire de la Nature méditerranéenne. Clôtures et cheminements forcés, empêchent le promeneur d'aller piétiner une nature qui a des difficultés à renaître, ayant été maltraitée pendant de trop nombreuses années. Qui se souvient qu'ici, il y a une quarantaine d'années environ se tenait un camping qui avait tendance à tout envahir.

    Nous cheminons facilement côté lagune (heureusement interdite à la baignade  pour sa protection) , les vieux pins tordus par le vent, rampent sur le sol pour pouvoir pousser.

    L'île du grand Gaou

    Tout au bout, le détroit du Gaou, séparation naturelle avec  l'île des Embiez, en été, il est possible de faire la traversée à pied, tant le niveau d'eau est faible.  

    L'île du grand Gaou

     Belle vue sur la pointe Cougoussa des Embiez, une bouée dans le détroit signale un haut fond dangereux pour les bateaux qui voudraient s'y aventurer.

    L'île du grand Gaou

     la pointe du Cougoussa, île des Embiez

    Nous revenons vers l'est, en longeant la côte déchiquetée par les embruns et la mer, décor complètement opposé, ici la végétation est rase, la roche noire, coupante comme une lame de rasoir, omniprésente.

    L'île du grand Gaou

    de nombreuses petites criques par toujours faciles d'accès offrent le plaisir de se sentir seul au monde, mais largement inconfortables par fort Mistral ! 

    L'île du grand Gaou

    Ce dimanche l'eau est calme et limpide...quoique un peu fraîche. 

    L'île du grand Gaou

    Nous décidons de descendre dans une de ces criques, pour notre pause du médio, mi ombre, mi soleil. 

    L'île du grand Gaou 

    Une fois en bas, au plus près de l'eau, nous sommes isolés du monde extérieur par deux cloisons rocheuses

    L'île du grand Gaou

     L'île du grand Gaou

    de toutes petites vagues viennent mourir sur la roche qui a vu de nombreuses tempêtes venir se battre avec elle 

    L'île du grand Gaou

     

    L'île du grand Gaou

    Nous remontons sur le chemin pour terminer notre petite balade, direction l'est vers l'île du petit Gaou en longeant la falaise 

    L'île du grand Gaou

    quelques panneaux signalent le risque d'éboulement...

    L'île du grand Gaou

    le petit Gaou est en vue 

    L'île du grand Gaou

     A propos du Brusc, en 1720 lors de la grande peste à Marseille apportée par le navire "le Grand Saint Antoine", celui-ci aurait fait relâche au Brusc pour décharger clandestinement une partie de sa cargaison soupçonnée d'être, à juste titre, porteuse de la mort.

    C'est cet épisode que j'ai romancé à ma façon dans un des textes de mon livre "Petits Mensonges entre Amis", sous le titre "L'amour et la Peste en 1720".

    En voici un extrait où César le pêcheur est sur la plage du Brusc, en train de peloter sa frivole compagne Bergamote. Une barque approche et vient nuitamment accoster... 

     

    L'AMOUR ET LA PESTE

    En l'an de grâce 1720 quand le Grand St Antoine qui amenait la peste à Marseille, faisait relâche au Brusc.

    extrait : 

    La nuit est noire malgré les belles étoiles scintillantes, le feu de petit bois flotté est allumé et le poisson cuit lentement, les deux amants sont allongés côte à côte, repus de leurs ébats amoureux.

    Le flacon de vin est sérieusement entamé, Bergamote flotte sur son petit nuage.

    Elle a bu plus que de raison, son amant lui a fait l’amour comme elle aime, un peu brutalement, elle adore quand il fait semblant de la forcer.

    Le repas s’annonce délicieux, il fait une douce nuit d’été, ce n’est que du bonheur, elle voudrait tant que ce soit comme ça tous les soirs.

    Que demander de plus...un enfant peut être ?

    Sur une pierre chaude, la jeune femme découpe la daurade avec art, sort les pommes de terre de la braise et les deux amants reprennent des forces.

    César est sur le dos, le regard lointain, il rêve...

    Il rêve de grimper dans la mâture d’un grand trois mâts, de sentir les baisers du vent sur son visage buriné, de hisser les voiles avec ses compères matelots au rythme de chansons de marins.

    Ils viennent de larguer les amarres et voguent vers des destinations lointaines chargées d’odeur épicées.

    Bergamote se colle contre lui, elle a eu du plaisir, mais elle en voudrait bien encore un peu, la nuit est si belle...et elle commence à peine !

    Ses mains courent sur la poitrine du jeune homme, ses doigts écartent les pans de la chemise de grosse toile rêche qui sent la mer et le poisson, cherche la toison noire et drue et ses doigts s’amusent entre les boucles serrées.

    Sa bouche se colle à celle de l’homme, cherche sa langue, va, vient, lui chuchote à l’oreille, avec des mots crus, tout le plaisir qu’elle a eu et qu’elle voudrait encore.

    Ses caresses se font de plus en plus précises quand...

    César se relève brutalement, sa dulcinée en roule sur le côté et termine sa course dans les galets humides.

    — Y’a une barque qui approche...j’entends le clapot des rames.

    Affolée, Bergamote rajuste sa tenue, sa robe était relevée jusqu’à la taille, son pantalon fendu est quelque part sur la plage, jeté en pâture à son amant lorsque celui-ci lui courait après pour le jeu qu’elle aime tant...se faire « violer » par son César.

    Tant pis, personne ne saura qu’elle ne porte rien sous sa robe, ce ne sera pas la première fois que ça arrive, ça non alors !

    César est debout, son regard scrute la mer.

    — Ils masquent le fanal de proue mais je les vois maintenant, ils sont deux...non trois.

    Inutile de se cacher, ceux de la barque ont vu le feu sur la plage, ils se dirigent droit dessus.

    Ils tirent la petite chaloupe au sec, en descendent en s’étirant et hument l’air avec semble t-il beaucoup de plaisir.

    Celui qui doit être le chef de ce petit groupe s’adresse au jeune couple qui est retourné s’asseoir sagement autour du feu de camp.

    — Alors les amoureux, on prend du bon temps sur la plage ? Vous avez raison, la nuit est si belle... 

    ******

    cool Le piège va se refermer sur César, mais la courageuse Bergamote l'en sortira, ouf...tout finira bien mais non sans mal ! yes

    ******

    Nous approchons de cette statue si controversée, et pourtant si belle, oui le temps et les embruns l'ont usée, érodée, le vent chargé de sable et de sel a élimé son "grain de peau", mais la Vénus callipyge sortant de son bain reste superbe malgré toutes ces années.

    L'île du grand Gaou

     L'île du grand Gaou

     

    L’éditeur, l’auteur ou le diffuseur ne sauraient être tenus pour responsables dans

    l’hypothèse d’un accident sur cet itinéraire, et ce, quelles qu’en soient les causes.

     Pour les secours composer le 112

     

     

    « Sainte Baume, la Taurelle et l'HuveauneLuberon, l'étang de la Bonde »

  • Commentaires

    1
    LORIDON
    Samedi 27 Octobre à 15:40

    Vous n'êtes pas passer loin de chez nous. Le gaou je connais depuis mon arrivée dans le var en 1955. Du poisson, des plongées des langoustes du corail tout cela devant coucoussa

     Pour le Gd St Antoine je fais une conférence le 7 décembre sur "La mystérieuse escale du Gd St Antoine"

    Et j'avais aussi écris un conte, "Lezs soieries du malheur" où un jeune p^cheur avait été chercher des ballots de tissus précieux à Jarre pour épouser sa belle bandolaise.

    Le gaou c'était un camping municipal pour des familles et la mairie m'y a afit poser un tuyau pour évacuer les toilettes.

    J'ai aussi écrit "Le vengeur du Gaou" relatant la mort de Nelson tué à Trfalagar par un pêcheur qui y iovait tranquille avec sa famille massacrée un jour par les anglais

      • Samedi 27 Octobre à 18:13

        Ah Gérard, je sais que cet endroit est un des plus chargés de tes souvenirs ! Tu y aurais même courtisé "à ta façon" une charmante dame...

        rire.

        Eh oui, je t'ai lu !

        amitiés

         

         

    2
    rihak
    Samedi 27 Octobre à 16:44

    bonjour vous deux ...........belle baladounette !!!....ça fait pas de mal de temps en temps ........

    ps: Jean Luc as-tu reçu ma demande du point gps ou de la trace du cou de la marquise ??....j'avoue humblement ne pas l'avoir trouvé et peut-être même à deux reprises...

    la honte !!......par avance merci 

    Richard

      • Samedi 27 Octobre à 18:16

        Parfois les baladounettes sont nécessaires, quand le genou est douloureux.

        Non pas reçu ta demande redonnes-moi ton mail

        quant à trouver le cou d ela Marquise, ne fais pas de dépression, nous aussi on l'a cherché "un certain temps".

        jluc

    3
    Dimanche 28 Octobre à 08:49

    Votre petit coin pour la dînette était vraiment paradisiaque ! Que cette petite île est belle ... 
    J'ai pensé à toi quand j'ai vu que les Calanques étaient polluées par le pétrole de ces deux bateaux qui se sont télescopés en Corse. Quelle horreur ... Allez, bisous, bisous et bon dimanche

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