• Rabou et le sentier des Bans

     

     Quel beau sentier que le sentier des Bans, de plus il est chargé de la triste histoire du village de Chaudun à une dizaine de kilomètres de là, en remontant le cours du petit Buëch.

    Ajourd'hui nous n'irons pas jusqu'à Chaudun, mais par ce sentier nous irons sur le flanc du Puy de Rabou, ce sommet qui domine de ces flancs fortement pentus le charmant village de Rabou, juché sur son piton au-dessus du petit Buëch.

    Voiture garée sur le parking du village, nous filons sur ce superbe sentier qui présente quelques passages aériens magnifiques.

    Rabou et le sentier des bans

    Regard vers l'arrière, le clocher pointu de Rabou émerge , en bas le petit Buëch coule des eaux tranquilles en cette saison, au loin, au centre de la photo, les falaises de Céüse qui forment une couronne.

    Rabou et le sentier des bans

    le sentier des Bans doit probablement son nom aux roches qui se découpent en strates horizontales 

    Rabou et le sentier des bans

    Rabou et le sentier des bans

     la sente part en grimpette facile sur un cheminement qui fut caladé pour renforcer le sentier lors du passage des quelques mules

    Rabou et le sentier des bans

    une plaque émaillée renseigne sur la vue des montagnes qui s'offrent au regard, ici sur ce belvédère sous roche 

    Rabou et le sentier des bans

     panorama de la vue "en vrai" 

    Rabou et le sentier des bans

     

    Le sentier des Bans était, à la belle saison, parcouru par le facteur qui, une fois par semaine allait apporter le courrier et le journal au maire et au curé de Chaudun.

    *****

    un extrait de mon roman tiré de l'histoire vraie de Chaudun :

    ...Il ne vient jamais personne dans ce village du bout du monde, seul moussù le facteur, à la belle saison, y passe une fois par semaine.

    Sa tournée le fait cheminer, à pied, le long du sentier tracé dans la caillasse qui serpente en lacets vertigineux au-dessus du torrent. Ce personnage important aux yeux des villageois parcourt les huit kilomètres qui le séparent de Chaudun, pour apporter les journaux au curé et à moussù le maire, et parfois quelques rares lettres donnant des nouvelles d’un parent considéré par tous comme un renégat car parti chercher une vie plus facile ailleurs.

    Seule distraction pour tout le village, son arrivée permet quelques minutes de repos.

    Les femmes au lavoir s’arrêtent de parler, ou sortent de leur cuisine en s’essuyant les mains au tablier, le curé lâche les enfants pour une récréation supplémentaire, c’est l’attroupement autour de lui.

    Chacun va essayer de récolter une bribe des nouvelles de la vallée.

    Conteur chevronné, l’uniforme impeccable malgré la poussière du chemin, il lisse sa moustache gominée et l’œil luisant de fierté, il distille les nouvelles fraîches avec une parcimonie bien étudiée, négligemment appuyé sur son gros bâton de marche en bois de genévrier.

    Véritable lien social entre les montagnards et le bas de la vallée, il ne se contente pas de délivrer le maigre courrier.

    Pour un petit casse-croûte fait d’un verre de vin rouge râpeux et d’un morceau de fromage, il donne de vive voix des nouvelles d’en bas.

    Colporteur de bonnes et mauvaises nouvelles, il est attendu par tous avec impatience.

    Dans sa besace, le flacon de gnôle et un morceau de lard « pour la route », lui donneront le courage de refaire le trajet en sens inverse, jusqu’à la prochaine fois.

    Les hommes, parfois un peu jaloux de son succès auprès des femmes, le surnomment la Gazette, surnom mi-ironique mi-péjoratif.

    Hélas, dès l’apparition des premiers flocons, sa tournée sera interrompue. L’hiver, les éboulements sont fréquents, des roubines se creusent et entraînent des pans entiers de la montagne au fond du ravin dans le fracas assourdissant des roches éclatées.

    Pour plusieurs semaines le fil ténu qui reliait Chaudun au reste du monde sera coupé.

     Le facteur ne reviendra qu’au printemps prochain quand le sentier sera de nouveau praticable, déneigé et remis en état par les habitants du village eux-mêmes.

    Ce jour-là ce sera une fête, les enfants sortiront de l’école pour venir jouer autour de lui, les femmes et les jeunes filles écouteront, attentives, le récit des nouvelles des villages en aval sur le torrent, les mariages, les naissances, mais aussi les décès. Son retour est le signe que les beaux jours sont arrivés.

    Un festin sera organisé sur la placette, le préposé des Postes, héros du jour, rendra jaloux quelques maris et jeunes hommes par ses œillades distribuées sans compter à la gent féminine.

     

    Assise sur son caillou à l’ombre claire d’un alisier au feuillage argenté, Mauricette, du haut de ses onze ans, surveille son troupeau d’un œil distrait.

    Tout juste une demi-douzaine de vaches qui broutent ...

    Rabou et le sentier des bans

     

    disponible en format broché ou kindle.

    *****

     Rabou et le sentier des bans

     le belvédère sous roche

    le sentier file, creusé sous les strates rocheuses, la falaise est vertigineuse

    Rabou et le sentier des bans

     plus loin, il descend en serpentant dans les éboulis de roches plates 

    Rabou et le sentier des bans

    dans la paroi, un nid d'hirondelles de roches, les dindouleto de roco, volent autour de nous en nous offrant des figures aériennes dignes des plus beaux spectacles

    Rabou et le sentier des bans

    là, un oratoire placé par qui, pour quoi ? il est daté de 1963. 

    Rabou et le sentier des bans

    nous descendons plus bas dans les gorges, le sentier quitte ces roches étonnantes mais surplombe toujours d'assez haut, le petit Buëch 

    Rabou et le sentier des bans

    un passage délicat où il ne faut pas se rater, la roche du genre poudingue qui s'effrite n'est pas de confiance 

    Rabou et le sentier des bans

     nous passons au ralenti...

    Rabou et le sentier des bans

     Rabou et le sentier des bans

    sur le côté, les premières belles carlines, il y en aura beaucoup...et de superbes 

    Rabou et le sentier des bans

     carline à feuille d'acanthe

    en bas, le petit Buëch dont nous entendons, d'ici, le roulement de ses eaux, maigres mais vives

    Rabou et le sentier des bans

     nous sommes au point bas de notre balade (alt 1160m) en face de nous la montagne de Luvi, ce village lui aussi abandonné dont il ne reste que quelques vestiges dans la hêtraie

    Rabou et le sentier des bans

    C'est ici que nous quittons les gorges du torrent, nous filons sur la droite en direction du col de Ferlieu, mais nous n'irons pas jusque là, aujourd'hui la balade sera plus modeste. 

    Rabou et le sentier des bans

    la montée dans le bois de l'Escout est rude, mais belle et malgré tout agréable, ombragée et d'une cheminement aisé sans gros cailloux qui roulent sous les chaussures 

    Rabou et le sentier des bans

    le bois de l'Escout formé de hêtres et quelques résineux est superbe, très sombre et sauvage  

    Rabou et le sentier des bans

     plus haut, après une grimpette de 3km et 400m de dénivelé depuis que nous avons quitté le sentier des Bans, nous arrivons au sortir du bois

    Rabou et le sentier des bans

    encore une superbe carline, plus de 50 cm de diamètre !

     Nous voilà arrivés à notre espace de pause du médio, une belle clairière avec une herbe accueillante et des ombrages appréciés 

    Rabou et le sentier des bans

     Rabou et le sentier des bans

     une Centaurée Scabieuse picorée par un papillon

    Rabou et le sentier des bans

    un beau Sorbier des oiseleurs et ses fruits 

     Après une longue pause, nous revenons sur nos pas mais avant de revenir dans le bois de l'Escout, nous prenons la large piste forestière qui circule sur le flanc du Puy de Rabou et qui va nous ramener au village 

    Rabou et le sentier des bans

    coup de zoom sur le village dont on voit d'ici, que le clocher et la mairie.  

    Rabou et le sentier des bans

    la piste arrive devant l'oratoire dédié à Sainte Roseline, fin de rando, le parking est tout proche  

    Rabou et le sentier des bans

      Quittant Rabou, belle vue sur les champs au premier plan et les montagnes en arrière qui se couvrent d'un manteau nuageux.

    Rabou et le sentier des bans

    Ceci n'est qu'un reportage, l’éditeur, l’auteur ou le diffuseur ne sauraient être tenus pour responsables dans

    l’hypothèse d’un accident sur cet itinéraire, et ce, quelles qu’en soient les causes.

     Pour les secours composer le 112

     

    « Sisteronnais, le mourre de la montagne de GacheCéüse, la via ferrata et les marais de Raux »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 5 Août à 09:25

    Encore une très belle balade que vous avez faite ! La canicule ne vous fait pas peur les amis, mais ... je ne vous aurais pas suivis ! Je reste au frais et je languis d'être à la fin du mois pour partir dans mes Pyrénées, en Cerdagne. Bisous.

    2
    Loridon
    Mercredi 5 Août à 11:00

    Bravo encore et toujours de belles images qui font rêver aux temps anciens.

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :