• Le four a cade de Revers de Boquié

     

        C'est une petite balade entre amis sur fond de découverte (ou redécouverte) de quelques vestiges de notre patrimoine, qu'il soit naturel ou témoin du travail des hommes.

    Le four a cade de Revers de Boquié

    Sous un ciel gris plombé et frisquet nous démarrons du parking, bien connu des randonneurs, du Grand Caunet, entre Aubagne et Cuges les Pins. 

    Le four a cade de Revers de Boquié

     La piste DFCI fait une large boucle pour filer en direction des barres de Fontblanche et nous laisse apercevoir entre deux nuages bas, le bau de Bertagne et une partie du massif de la Sainte Baume.

    Notre premier arrêt sera devant l'enclot grillagé et fermé du gouffre du Grand Caunet appelé aussi Colombarium ou Columbarium selon les préférences, mais ce gouffre retse pour tous ceux qui s'y sont intéressés...un grand mystère !

    Le gouffre en lui-même est un peu comme tous les autres, profond, énigmatique et dangereux, mais ce qui est surprenant c'est son aménagement intérieur.

    Le four a cade de Revers de Boquié

    Gouffre du Grand Caunet, ou aven du Colombarium.

    C'est un gouffre surprenant qui sur 20 m de verticale a été équipé d'escaliers monumentaux dont les raisons de la construction restent inexpliquées.

    Faute d’archives ou d’écrits, l’origine de la construction des escaliers reste réduite à la proposition d’hypothèses.

    Il y en eut de nombreuses, entre autres celle qui y voyait un repaire de brigands et qui fit donner à la cavité le nom de Gaspard de Besse.

    Mais, on voit mal le Robin des Bois varois, exécuté à Aix en 1781, trouver refuge dans un gouffre où il aurait été facile de le piéger.

     Les fonctions de columbarium funéraire, puis de colombier ont aussi été envisagées, mais les niches sont trop petites pour accueillir une urne, les niches dans l’escalier

    sont peu pratiques pour les pigeons et dans les deux cas, certaines niches de la façade sont difficilement accessibles.

    On a avancé la fonction de magnanerie, mais je vois mal les vers à soie supporter l’humidité et une température moyenne de 13°.

    On a parlé de fromagerie, mais là encore, l’agencement et l’emplacement des niches ne s’y prêtent pas. 

     D'aucun, par esprit de belles légendes, l'appellent avec force détermination, le gouffre de Gaspard de Besse...

    Le four a cade de Revers de Boquié

    Dans un sous bois humide mais propice au romantisme, nous filons maintenant vers notre prochaine destination, le four à cade du Revers de Boquié.

    Il nous faut revenir plein sud pour "récupérer" le GR du Balcon de la Méditerranée, par un jeu de sentiers qui va nous entraîner dans une propriété privée et interdite, donc large détour imprévu mais sans conséquence.

    Le four a cade de Revers de Boquié

     Le four a cade de Revers de Boquié

    Nous voilà revenus au col du Grand Caunet et là, nous prenons le GR qui après une petite montée en sous-bois, file vers l'Est et notre destination 

    Le four a cade de Revers de Boquié

    Bien que le ciel soit bas et gris, la vue s'ouvre largement sur la baie de St Cyr et tout au bout, la pointe Fauconnière.

    Le four a cade de Revers de Boquié

    dans cette grisaille, seuls quelques buissons d'argéras donnent un peu de couleur ensoleillée 

    Le four a cade de Revers de Boquié

     Le four a cade de Revers de Boquié

    Le four à cade n°17 de Revers de Boquié est là dans les broussailles, petit mais assez bien restauré. 

    Le four a cade de Revers de Boquié

     Les fours à cade :

    Les fours à cade, relativement nombreux dans ce coin de Provence servaient à fabriquer l'huile de cade. Huile aux applications multiples c'est un produit généreux qui justifie le travail colossal des "cadiers" pour construire leurs fours. Les souches du genévrier oxycèdre, communément appelé cade en Provence, étaient soumises à de fortes températures dans une jarre située au cœur du four et l'huile qui suintait de cette chauffe était récupérée et revendue aux pharmaciens et droguistes pour une utilisation en cosmétologie, médecine humaine et vétérinaire.

    Tous les bergers possédaient une petite fiole d'huile de cade pour soigner la maladie du Piétin chez les moutons.

     

    Autrefois les femmes de la campagne utilisaient l'huile de cade pour se laver les cheveux à raison de quelques gouttes dans l'eau de rinçage. Il était notoriété publique que les femmes de "cadiers" avaient les plus beaux cheveux de toute la Provence.

    Les cadiers étaient communément appelés "les enguentiers" terme provençal venu de la déformation du mot français onguent, les fours étant des "enguentières".

    *****

    Ne faire aucun rapprochement avec la Cade d'origine italienne, sorte de quiche vendue dans la région de Toulon et réalisée à partir de farine de pois chiche et d'huile d'olive, autrement appelée Socca à Nice.

    Le four a cade de Revers de Boquié

     au cœur de mon prochain roman, les "enguentières" me passionnent.

    Le four a cade de Revers de Boquié

     Nous allons faire notre pause de midi sur une butte du sentier avec vue sur l'intégralité du massif de la Santo Baumo.

    Le four a cade de Revers de Boquié

     Le four a cade de Revers de Boquié

     Le four a cade de Revers de Boquié

     Ici, sur ces dalles, nous serons bien !

    Le four a cade de Revers de Boquié

     la baie de St Cyr

    Le four a cade de Revers de Boquié

     Nous repartons en sens inverse, direction notre dernière curiosité, les vestiges, hélas bien dégradés, du Télégraphe de Chappe

    Le four a cade de Revers de Boquié

     Carrefour de nombreux sentiers, la large pinède, facile d'accès, trop peut-être vu le nombre de motos et quads qui y circulent dans un bruit intenable et les odeurs d'échappement

    Le four a cade de Revers de Boquié

    la piste longe les beaux murs en pierres d'une belle propriété et sur la butte apparaissent...les antennes GSM et  les ruines de notre Télégraphe, ruines jusqu'à quand? devenir un simple et anonyme tas de pierres semble  être son très futur avenir. 

    Le four a cade de Revers de Boquié

    Vestige du télégraphe de Chappe 

    Le télégraphe Chappe (ou télégraphe aérien) est un moyen de communication (télégraphe) visuel par sémaphore, sur des distances de plusieurs centaines de kilomètres, mis au point par Claude Chappe en 1794. Les sémaphores sont en général placés sur des tours dites tours Chappe.

    Communiquer sur de longues distances n’est pas un problème récent. Entre la vitesse du cheval au galop et les débuts du télégraphe électrique, Claude Chappe mit au point un ingénieux système de communication de télégraphe aérien pendant la Révolution. Les « tours de Chappe » étaient coiffées d’un mât mobile, visible à la jumelle de la tour voisine, distante de 10 km à 15 km.

    La ligne Paris-Lille fut ainsi opérationnelle dès 1794 et permit par exemple de transmettre des messages entre ces deux villes avec une durée de neuf minutes pour transmettre un symbole via une quinzaine de tours ; le temps de transmission d'un message dépendait de sa longueur.

    En 1844, 534 tours quadrillent le territoire français reliant sur plus de 5 000 km les plus importantes agglomérations.

    En 1845, la première ligne de télégraphe électrique est installée en France entre Paris et Rouen, sonnant le glas des tours de Chappe.

    Une tour Chappe était constituée :

    du signal (mât muni d'un régulateur pivotant et de deux indicateurs articulés).

    d'une salle de travail à l'étage où le stationnaire observait les tours voisines et actionnait le système de manœuvre du signal.

    d'un local de repos en dessous, où le stationnaire pouvait descendre se reposer un quart d'heure après le coucher du soleil à un quart d'heure avant le lever du soleil.

    Deux stationnaires étaient affectés à une tour, et ils se relayaient chaque jour à midi.

    Le four a cade de Revers de Boquié

    Tout en bas, invisible derrière les arbres, La Ciotat et émergeant, l'île Verte posée sur une mer grise comme le ciel

    Du télégraphe, le retour au parking sera rapide.

    Une balade de 10km pour un cumul de dénivelé de 200m environ.

    Le four a cade de Revers de Boquié

     

    L’éditeur, l’auteur ou le diffuseur ne sauraient être tenus pour responsables dans

    l’hypothèse d’un accident sur cet itinéraire, et ce, quelles qu’en soient les causes.

     Pour les secours composer le 112

    « La calanque de SugitonSiou Blanc, la sente de l'Eléphant »

  • Commentaires

    1
    Lundi 9 Janvier à 10:17

    Lors de mes balades journalières avec mon Payo, je récupère du bois de cade sec souvent coupé lors daménagement de pistes, pour mettre dans mon Godin le soir. D'où une odeur bien agréables

    2
    CATALANE
    Lundi 9 Janvier à 11:09

    J'en ai encore pris plein les yeux en venant te rendre visite !!! Très beaux paysages, que j'aime tout particulièrement. Bises l'ami.

    3
    Mygabeille
    Lundi 9 Janvier à 21:26
    En te lisant je viens de repenser à mon grand-père qui utilisait de l'huile de cade qui de nos jours reste introuvable et je suis heureuse de savoir comment on l'a fabriquait merci pour toutes ces informations au gré de tes randonnée gros bisous
      • Lundi 9 Janvier à 21:32

        Tu en sauras plus quand je publierai mon prochain roman, les "cadiers" y seront à l'honneur.

        Le roman n'est pas fini, mais ta dédicace est prête;

        bisous bisous Myga Belle

    4
    Mardi 10 Janvier à 08:05

    De superbes photos que j'ai apprécié

    bises amicales

    lyly

    5
    Mag à l'eau
    Mercredi 11 Janvier à 22:37

    Je ne connaissais l'argeras que sous le nom de genêt scorpion. Et tu me fais découvrir la technique d'obtention d'huile de cade. Merce pla !

     

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :