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         En 46 avant J.C. , Jules César, pour remercier Arles de son aide dans sa lutte contre Marseille, y installe les vétérans de la VIème légion.

    Arelate  " l'habitat près des marais" est élevée au rang de colonie.

    Sous Auguste les travaux commencent vraiment, une ville à l'image romaine se développe.

    Le Rhône véritable voie de pénétration vers Lugdunum est parcouru par des chalands halés depuis les berges par des hommes.

    Marbre de Carrare, animaux, lingots de plomb , tout ce qui fait commerce passe par le port d'Arles pour aller vers l'Europe du nord.

    Les voies romaines , via Aurelia, Domitia et Agrippa convergent vers Arles et en font une cité d'échange et de commerce incontournable.

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    Arles est chargée d'un très lourd passé antique.

    Les fouilles archéologiques y sont abondantes, et très près de nous, puisqu'elles sont toujours en vigueur, les fouilles dans le Rhône révèlent chaque jour des trésors antiques inestimables.

    Deux merveilles font la célébrité de ces recherches et ont contribué à l'extraordinaire essor et développement du musée antique d'Arles.

    Le buste présumé de César, quasiment intact et le chaland de 31m de long, enseveli sous plus de 3m de sable et vase, sorti de l'eau au prix de prouesses techniques et sous marines.

    La visite de ce musée me faisait envie depuis pas mal de temps.

    Statues, bustes, amphores, vaisselle, objets de la vie quotidienne, sarcophages, mosaïques, tous ces vestiges du passé de notre région y sont exposés.

     

    yes Toutes les photos sont cliquables pour agrandissement

    Arles antique

     Le buste présumé de Jules César

    En 49 av J.C., Jules César voulant prendre Marseille soutenue par Pompée, fit mettre en chantier 12 vaisseaux de guerre à Arles, ceux ci sont achevés en 30 jours à partir du moment de l'abattage des arbres.

    Vainqueur, César remercia la ville en y installant une colonie de droit romain en 46 av J.C. du nom de Colonia Julia paterna Arelate sextanorum.

     

    Direction vers ce que je considère comme étant la vedette de cette exposition, le chaland.

    Arles antique

    Sorti de sa gangue de vase et de sable, méticuleusement découpé en 10 morceaux pour ne pas le briser; Il a fallu  10 mois de restauration et traitement pour être "immortalisé" par des procédés complexes à base de résine polyéthylène glycol et séché par polymérisation.

    En effet sorti de son enveloppe protectrice, au contact de l'air le bois se serait désagrégé rapidement.Arles antiqueArles antique

     2000 ans enfoui sous la vase et presque pas "une ride" !

    Arles antique

    Arles antique

    Arles antique

     Arles antique

    Une ancre romaine

    Arles antique

     Lot d'amphores... il y en a tant !

    Arles antique

     Dans une salle conjointe, une amphore géante, une Dolia, amphore de contenance d'environ 200 litres

    Arles antique

     Dolium, hélas pas entière

    Arles antique

     Chapiteau Corinthien

    provient du théâtre antique, fin du 1er siècle avant J.C.

    Les chapiteaux à 3 rangées de feuilles d'Acanthe, assuraient la décoration du mur de scène du théâtre

    Arles antique

     Un mortier, mais non, ce n'est  pas pour préparer l'aïoli , quoique ...admirons la décoration et le pilon en forme d'os

    Arles antique

     la statue d'Auguste qui trône au centre de la grande salle

    Arles antique

     Une merveille (encore une !)... l'Aïôn

    l'Aïôn, statue de Mithra, un serpent est enroulé autour de son corps, la tête se trouve aux pieds et la queue se trouvait dans la main gauche, entre les anneaux du serpent se trouvent les signes du zodiaque (parfaitement identifiables) en commençant par l'équinoxe de printemps et le signe du bélier.

    Mithra avait tête humaine et longs cheveux, de  sa tête partaient des rayons.

     

    Dans une vitrine, des objets de la vie quotidienne et cette surprise...

    Arles antique

    le corps d'un nouveau né inhumé dans une tuile.

    Une grande salle contenant les divers sarcophages en pierre et finement ciselés

    Arles antique

     le sarcophage de la chaste Suzanne, milieu du IVème siècle

    - au milieu le buste des défunts,

    - à gauche, le sacrifice d'Abraham,

    - à droite, la loi présentée à Moïse

    Arles antique

     le sarcophage des muses, malheureusement dégradé. IIème siècle.

    Arles antique

     sarcophage à cuve renversée, dit "païen" on y reconnait malgré tout les symboles des tailleurs de pierre et la croix celtique. époque carolingienne.

    Arles antique

     le cirque (maquette) devait mesurer 450m de long et 101m de large et pouvait accueillir près de 20000 spectateurs

    Arles antique

     le Lion d'Arcole

    Arles antique

     maquette du chantier fluvial, l'emplacement du chaland y est figuré

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    Continuons par une visite, un peu rapide, hélas, des monuments antiques de la ville, 

    Arles antique

     le théâtre antique qui a servi de carrière de pierres pendant plusieurs siècles

    Arles antique

    Arles antique

     et, comment les éviter? ....les arènes

    Arles antique

    Arles antique

    L'Amphithéâtre est érigé à la fin du 1er siècle , combats de gladiateurs et chasse d'animaux se déroulaient dans l'arène recouverte de sable

    Arles antique

     

    Arle....O vilo dou lioun

    siés assetado au bord dou Rose

    Coumo uno venerablo e majestouso Rèino

    A l'oumbro de ta glori e de ti monumen

    Frederic Mistral 1887

     

     

     

     

     


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  • Une petite précision : la GIRELLE, il s'agit du poisson !


    Pas le surnom donné à une jolie fille de Marseille.
    Désolé, pour vous Jolies Girelles* de la Belle de Mai ou d'ailleurs, mais aujourd'hui l'article est consacré aux amours étranges de ce charmant petit poisson.


    yes* ne pas confondre girelle et cagole... là c'est grave.


    La girelle, Coris Julis, est une des espèces de poisson les plus pêchées et pourtant les plus abondantes.
    Il faut dire que ce petit poisson de roche est pêché   par les pescadous amateurs pour entrer dans la réalisation d'une des meilleures soupes de poissons qui soit, la soupe de poisson de roches.


    Attroupement de girelles mâles et femelles, Le jeu du plongeur débutant ( et plus ancien, aussi ! )
    gratter du bout des doigts la surface de la roche et attendre quelques secondes. Les girelles vont arriver pour manger les minuscules débris dégagés.


    C'est une espèce qui vit entre 0,5 et 15 m d'eau, sur les roches, donc totalement à l'abri des filets et radasses ( chaluts ) des professionnels.

    La girelle ne se pêche pas la nuit, ces petits malins s'enfouissant dans le sable pour y dormir.

    Ce labre se nourrit de gastéropodes, de petits crustacés, et petits oursins, une vraie nourriture noble qui va lui donner une chair de première classe.
    Cette espèce si abondante et qualifiée à tort de commune, vit une vie amoureuse étonnante, et fort complexe que nous allons étudier ici.

    Les plus petits spécimens, ( 6 à 12 cm ) à la livrée brun-rouge terne, sont généralement les femelles, mais aussi quelquefois des mâles...                        Femelle, probablement, ou petit mâle, je ne suis pas allé voir  !

    Les plus gros, appelées girelles royales, aux couleurs brillantes sont les mâles , exclusivement.

    Mais ce n'est pas aussi simple, la girelle étant ( comme d'autres poissons ) hermaphrodite protogyne, c'est à dire qu'elle change de sexe  en grandissant, les mâles "girelle royale" sont donc TOUS nés femelles...vous suivez toujours? parce que ça va se compliquer!

    Parmi les plus petits spécimens, certains sont des mâles et ils le resteront toute leur vie, ils ne grandiront même pas, mais arriveront quand même à être reproducteurs, filous les bougres !


    La vie en comunauté :


    Une girelle royale ( la femelle devenue  mâle macho , pur et dur ) a un territoire, et sur ce territoire un harem, composé de femelles et aussi sans le savoir, de petits mâles, appelés mâles "primaires" mais qui ne chercherons pas à dominer le harem.
    Les girelles sont très agressives entres elles, les royales cherchant à piquer le harem des autres et les femelles cherchant dans leur propre communauté à être la femelle dominante.


    La taille d'un poisson n'étant pas mon critère de choix principal , cette photo est une de mes préférées.
    Photo prise pendant des paliers de décompression, au sud du phare de Planier dans 3 à 5 m d'eau.


    Tout ce petit monde vit dans l' harmonie de la sélection naturelle, jusqu'à ce qu'un pêcheur arrive et jette une canne à l'eau avec un hameçon et une esque.

    Là, le mâle dirigeant fond sur l'appât, le gobe et fini sa vie en soupe de poisson ou en friture.

    Et le reste de la communauté ?
    Dame Nature a tout prévu, la plus forte des femelles devient la patronne ,...et en 2 ou 3 semaines devient mâle avec les testicules qu'il faut, la taille et la couleur qu'il faut.
    Une mutation ultra rapide...Sauf si le pêcheur est resté sur place et a pêché un max de poiscaille, mais le processus continue ainsi de suite.
    Tout pêcheur sait que la première girelle pêchée est souvent la plus grosse sur le site de pêche.


    La reproduction :

    Il n'y a pas d'accouplement chez ces individus ( z'ont pas de bol, mais ils le savent pas ! ) , mais pendant la période de reproduction , d'avril à août, les gros mâles font la cour aux femelles en leur tournant autour ( tiens ça vous rappelle quelque chose ! ) , en les frôlant, et en les incitant à venir dans les zones de peu d'eau, entre 1 et 2 mètres, ils entrent brièvement en contact et émettent leurs gamètes.
    A ce moment les mâles primaires ( les petits , vous vous souvenez, faut suivre ! ) viennent participer aux ébats en lâchant leur sperme dans cette eau et ainsi arrivent à féconder des femelles sans y être invités, et reproduire leur espèce de mâles primaires ( mâle primaire, qui a dit "pléonasme" ?  je veux des noms.).

    Contrairement à d'autres labres, la girelle ne construit pas de nid,les œufs pondus sont pélagiques, leur développement s'effectuant en pleine eau et sont disséminés le long des côtes par les courants.

    Dans les zones de faible pêche ou dans les réserves, les girelles royales atteignent des tailles respectables, autour de 25 cm et les femelles y sont aussi beaucoup plus grosses.


    Il existe une autre variété de girelles, la girelle paon, Thalassoma pavo, que nous rencontrons en méditerranée du nord, alors que sa zone initiale était au sud de marenostrum.


    Cette girelle paon est devenue depuis quelques années une habituée de nos eaux , probablement en partie à cause du réchauffement des eaux, mais aussi à cause du ballastage des gros bateaux qui engouffrent des tonnes d'eau dans leurs cales pour ne pas être à "lège" et qui rejettent ces eaux une fois à destination.

     

    La vie amoureuse des girelles


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