• La fille aux yeux mauves

     

    Fidèle à mon thème favori, ce nouveau récit est un "roman de Provence".

    Pour ne pas oublier ces petites gens qui vivaient de presque rien,  enguentié, carbounié, caus-fournié, glaçaire et tant d'autres, et bien entendu...les masco.

    L'histoire se déroule au XIXème siècle dans un périmètre compris entre Signes, Mazaugues et un village aujourd'hui rayé des cartes dont il ne subsiste que quelques ruines qui lentement sont digérées par la végétation,  Meynarguette.

    La Fille aux yeux mauves

    ou une vie de masco en Provence.

         Les masco, ces femmes qui connaissaient les plantes, qui savaient entrer en communion avec la Nature et les forces qui nous dirigent. Bien entendu, elles étaient craintes car leur savoir était immense, que ce soit pour soigner une simple verrue, enlever le feu d'une brûlure, ou jeter un sort.

    Au moyen-âge elles étaient condamnées au bûcher, on disait d'elles que c'étaient des sorcières.

    Cette histoire s'inscrit dans la lignée de mes romans qui nous rappellent combien était difficile la vie des "petites gens" dans notre belle, mais dure Provence du temps jadis.

    La fille aux yeux mauves

     

    Disponible dès à présent directement auprès de l'auteur avec dédicace personnalisée par contact en bas de page rubrique "commentaires " au prix de 18 euros avec petite participation aux frais de port.

    ou sur la plateforme Amazon.

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    un extrait:

    La jeune Iris depuis la mort tragique de sa mère, est devenue une masco, une sorcière,  sous la férule de sa grand-mère Bérarde, dite la Mamma.

     

    Une femme de Mazaugues est venue nous supplier pour que son mari devienne impuissant.

    A notre grande stupeur, elle a ajouté en riant :

       — Oui mais oh, attention, temporairement què ! Je ne veux pas que ça dure trop.  Il s’est fait charmer par la Claudette, la femme du puisatier de Rougiers, le bedigas qui ne trouve jamais d’eau. Celle-là, elle est toujours en chaleur, elle lui a fait les yeux doux et maintenant il fait le beau devant elle, il met même de l’eau de Cologne en faisant sa toilette sans attendre le dimanche, et il se frise la moustache en se regardant dans la glace. Quant à moi, il ne me regarde plus et surtout, le soir, sous l’édredon, il ne me réchauffe plus les fesses comme au temps de notre mariage. Pour le calmer je voudrais qu’elle l’humilie, comme ça, après il me reviendra, c’est sûr !

    Cette dame en souffre de voir son mari aller sur la paille avec d’autres femmes alors qu’elle, jeune et très belle ne demande qu’à être aimée.

       — Il me donne tellement de plaisir quand il me prend, o fan, comme je me l’aime celui-là…

    Elle essuya une larmette et ajouta :

       — Voilà quelques sous, c’est tout ce que j’ai, ce sont mes économies faites en tressant des paniers, ça suffira pour ce que je demande ?

    Nous nous sommes regardées avec Mamma, j’ai vite compris que nous aurions fait ça gratuitement, si la pauvrette avait été sans le sou. Mais ça, il ne faut jamais le dire, ce serait un aveu de sensibilité et pourrait nous nuire, alors, j’ai ajouté :

       — C’est un peu juste, alors en plus vous me confectionnerez un beau gâteau, ça fera plaisir à mon père.

    La jeune dame a souri, j’ai vu une larme humidifier ses yeux, elle s’est contentée de hocher la tête en signe d’acquiescement puis a ajouté après un instant de réflexion :

       — J’y mettrai beaucoup de chocolat, il doit aimer ça, non ? ça nous a fait de la peine son grand malheur, surtout quand le curé a refusé qu’elle soit enterrée dans le cimetière du village. J’étais une petite fille à l’époque, j’en avais pleuré. C’est de l’histoire ancienne, mais quand même, je trouve que vous avez beaucoup de courage. 

    Quand nous avons été seules, Mamma m’a regardé droit dans les yeux et m’a dit :

       — Ma petite Iris, tu vois, les gens se détournent de nous devant le monde, mais quand ils ont besoin de notre pouvoir, ils nous le disent qu’ils nous aiment bien, je la connais cette femme, elle est bien gentille et ce qu’elle a dit, elle le pense. Ecoute-moi, nous allons mettre en pratique le sort qui permet de nouer l’aiguillette, mais attention, il ne faut pas faire d’erreur, est-ce que tu te souviens de la formule magique ? C’est un des sortilèges les plus anciens que je connaisse mais c’est toi qui vas agir, je serai juste là pour te voir œuvrer. Il ne faut pas faire d’erreur au risque de rendre le sortilège irréversible.

       — Oh oui Mamma, celle-là de formule magique, impossible de l’oublier, elle m’amuse beaucoup.

    Il faut dire que l’aiguillette est une sorte de lacet qui permet de fermer la braguette, les hommes d’ici ne connaissent pas encore les boutons à la mode dans les villes, et ils s’habillent encore à l’ancienne.

    Bien formulé, ce n’est pas un sortilège bien méchant.

    L’aiguillette, sous ce charme, se noue de telle sorte que l’infortuné bonhomme n’arrive plus à ouvrir sa braguette quand il a envie de faire l’amour, plus il essaie, moins il y arrive, il s’énerve et se sentant ridicule, il perd tous ses moyens...

     

    **************

     Note de l'auteur :

    un lexique, en début d'ouvrage reprend tous les mots ou expressions d'origine provençale qui sont utilisés dans les dialogues afin de se familiariser, le cas échéant, avec notre belle langue provençale si riche et chantante.

     

    « Luberon, les gorges du RegalonVerdon, le Grand Margès »

  • Commentaires

    1
    Samedi 1er Août à 11:20

    Pour ce livre encore, merci Jean-Luc de savoir si bien raconter le bavardage des pierres des murs ruinés des cabanes, des murets des remblais, perçu au fil de nos randonnées en montagne ou en Provence.

    Bien cordialement.

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