•    La Pagnolie,  autrement et de manière plus ordinairement dite,  les collines du Garlaban, les collines de Pagnol.

    Bien sûr cette randonnée de rentrée dans nos collines ne sera pas un article exhaustif sur M.Pagnol, ses souvenirs d'enfance et les lieux de tournage, mais une rando-promenade de 17 km sur ses traces.

    Départ, "comme il se doit" du village emblématique de la Treille,

    Promenade en Pagnolie

    La Treille, il y a bien longtemps...

    Promenade en Pagnolie

    On peut voir cet oratoire sur la photo précédente, tout au bout de la route

    nous traversons le village, et nous faisons un rapide passage devant la villa  La Pascaline où il écrivit les premières pages de ses "Souvenirs d'enfance".

    Promenade en Pagnolie

    puis, continuant la route, nous allongeons d'un tout petit aller et retour pour pousser jusqu'à la Bastide Neuve, maison où la famille du petit Marcel allait passer ses vacances, cette maison, ne fait pas partie de la Treille ni même de Marseille mais du hameau des Bellons (Lili des Bellons) rattaché à Allauch.

    Promenade en Pagnolie

    --« Vous n'allez pas me dire que vous allez à La Treille ? »

    — « Nous traversons le village, dit mon père, mais nous allons encore plus loin. »

    — « Mais après La Treille il n'y a plus rien ! »

    — « Si, dit mon père, il y a Les Bellons. »

    Lili des Bellons y vint plusieurs fois attendre Marcel ; et c'est bien à La Treille que Joseph, son père, alla montrer ses bartavelles et se fit photographier par le curé.

    Retour sur nos pas pour prendre le chemins des Rapons qui va rapidement, après avoir traversé le hameau, nous emmener au dessus du vallon de Passetemps, juste en face des barres du st Esprit.

    Promenade en Pagnolie

    en bas le vallon de Passetemps

    Promenade en Pagnolie

    Le sentier descend dans le vallon de Passetemps, plus loin il prend un peu de hauteur  et file en balcon, surplombant le vallon et ses broussailles piquantes...

    Promenade en PagnoliePlus haut encore la baume de Passetemps se découvre, sœur jumelle de la Baume du Plantier (grotte de Manon), elles sont souvent confondues, mais celle ci est un peu plus difficile d'accès.

    Promenade en Pagnolie

    Le sentier contourne la baume par la gauche et remonte jusqu'au Jardinier par le vallon de Précatori

    Promenade en Pagnolie

    Promenade en Pagnolie

    Le sentier devient plus raide, parfois il faut un peu mettre les mains puis c'est l'arrivée sur le petit plateau appelé  "le Jardinier", cet endroit fut cultivé à une époque, par ci par là, en cherchant on y trouve figuiers, cerisiers et lilas, lesquels au printemps lorsqu'ils sont en fleurs donnent l'explication de cette appellation.

    Promenade en Pagnolie

    en arrivant au Jardinier, de vieux murs en pierres sèches donnent le ton, ici l'homme y travaillait durement la terre.

    Promenade en Pagnolie

    un cerisier, redevenu sauvage et noyé dans les "gratte culs"

    Par un raccourci, nous changeons de cap et filons sur la piste qui passe sous le Taoumé pour rejoindre le fameux "pas du Loup", un violent vent d'Est nous prend en écharpe, nous ne nous attardons pas ici et remontons vers la grotte de Grosibou

    Promenade en Pagnolie

    qui se trouve sous la pointe sud  du Taoumé

    Promenade en Pagnolie

    C'est ici que le petit Marcel voulait se "faire ermite", mais comme la source de Font Berguette située au pied de la paroi ne donnait pas assez d'eau pour qu'il puisse faire sa toilette...il renonçât ! bonne excuse ...

    Promenade en Pagnolie

     Le Pouche des Escaoupres et plus loin sur la gauche, Grande tête Rouge

    Promenade en Pagnolie

    Gros coup de zoom sur Grande Tête Rouge et au loin Marseille et les iles du Frioul

    Nous grimpons jusqu'au sommet du Taoumé, juste pour immortaliser le moment car le vent est toujours aussi violent

    Promenade en PagnoliePromenade en Pagnolie

    Promenade en Pagnolie

    Nous ferons la pause au col de Baume Sourne légèrement abrités du vent puis direction la grotte sombre, baume Sourne, la lumière de ce mois de septembre ne permet pas de bien l'éclairer (il y a seulement quelques jours d'hiver dans l'année où le soleil, très bas sur l'horizon, illumine la voûte de la grotte et là...le spectacle est magique !)

    Promenade en Pagnolie

    seul le soleil d'hiver arrive à éclairer la grotte...archives JLF.

    Promenade en Pagnolie

    Promenade en Pagnolie

    aujourd'hui c'est lumière artificielle et ce n'est pas terrible.

    Promenade en Pagnolie

    l'étroite sortie

    Promenade en Pagnolie

    Poursuivant notre route nous passons devant le puits du murier avant de remonter au pied de la butte des Pinsots pour rejoindre le vallon des Piches

    Promenade en Pagnolie

    le puits du murier, en eau .

    Promenade en Pagnolie

    un peu moins de végétation, et quelques années auparavant, mais ce sont bien "Eux" devant le puits.

    La piste puis le sentier passe bien au dessous de la butte des Pinsots, le gros mamelon de Garlaban apparait sur l'horizon

    Promenade en Pagnolie

    descente dans le très beau et encore sauvage vallon des Piches

    Promenade en Pagnolie

    Promenade en Pagnolie

    pour arriver au col Salis, la baume de Passetemps est maintenant bien en dessous de nous

    Promenade en Pagnolie

    la baume du Plantier est là, toute proche, allons dire un bonjour à Manon mais sans oublier Ugolin le mal aimé...et pourtant !

    Promenade en Pagnolie

     Après une petite pause à l'abri de la baume, nous continuons notre descente vers le col d'Aubignane,

    Promenade en Pagnolie

     Promenade en Pagnolie

    où nous pouvons voir, l'arche qui matérialisait l'entrée du village-décor construit par Marius Brouquier artisan maçon et grand ami de Pagnol.

    Promenade en Pagnolie

    Promenade en Pagnolie

    Promenade en Pagnolie

    archives JLF

    Nous revenons à la Treille par le bas du vallon de Passetemps, étroit sentier enfermé entre les clôtures de propriétés, puis arrivés dans le village nous allons "faire le touriste" en allant photographier, la fontaine de Manon...

    Promenade en Pagnolie

    la place de l'église contre laquelle une plaque honore les morts du village tombés pour la France, dont un certain David Magnan plus connu sous le nom de Lili des Bellons...

    Promenade en Pagnolie

    et pour terminer cette balade en Pagnolie, nous poussons la porte du petit cimetière...

    Promenade en Pagnolie

    où repose M.Pagnol, entouré de ses amis.

    Promenade en Pagnolie

    Promenade en Pagnolie

     

     


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  •     Poursuivons notre balade en mer, la visite des îles de Marseille, celles face aux calanques.

    Chargées d'histoires  et de naufrages, ce sont de superbes rochers aujourd'hui seulement peuplés par les oiseaux dont certaines espèces très protégées, et aussi..........................les rats.

    Après l'île Maïre et son Tiboulen, l'îlot Peyro, nous allons continuer à progresser vers l'est. A quelques encablures de Maïre, se trouve Jarron, et sa grande soeur Jarre qui se dressent sur notre parcours, arrêtons nous y un instant.

    Ces îles sont séparées de la côte par un large bras de mer poissonneux et relativement peu profond 25 m au plus, appelé le plateau des chèvres.

    Les iles de l'archipel de Riou, Jarron et Jarre

                                                      clic sur l'image pour agrandir
    Ces deux îles en prolongement l'une de l'autre sont précédées du Cap Jarre,  les deux îles sont très souvent réunies en une seule .

                                       Jarre et son rocher détaché, le "ça " !

    Jarron est considérée comme une île à part entière, alors qu'elle n'est séparée de Jarre, beaucoup plus grande, que par un passage qui au plus étroit ne dépasse pas un mètre de large et d'une profondeur ridiculement faible.

                            
                                               la déchirure ( flèche ) qui sépare Jarron et Jarre


    Longiligne et escarpée, Jarre a été , tout comme Pomègues, utilisée comme abri pour mettre les navires en quarantaine.     
                                     
    Une grande calanque au nord ouest du cap Jarron a été rendue célèbre, en effet c'est ici que le 26 septembre 1720, le navire Le Grand St Antoine à été brûlé pour le purifier de ce fléau qu'il venait de répandre dans Marseille et ses alentours , LA GRANDE PESTE de 1720 .

    L’ordre donné, le 28 juillet, par le Régent Philippe d’Orléans de brûler le navire et sa cargaison ne fut exécuté que les 25 et 26 septembre 1720 et la peste eut le temps de s’étendre jusqu’en Provence. Elle fut même signalée dans la région d’Apt en septembre de la même année. Elle ne fut totalement éradiquée qu’en janvier 1723.

    Une association de plongée sous-marine, l’A.R.H.A., a retrouvé et identifié  l’épave calcinée du navire en 1978.


                                         Jarron, suivie de Jarre vues de la côte à Callelongue.
                                                      En arrière plan Riou, la majestueuse.  


    Le navire y était en quarantaine, mais aussi son équipage, ceux qui avaient résisté à la peste sont morts ici, sur ce bout de rocher, de faim, de soif, cramés par le soleil et le vent, abandonnés de tous . Certains, les plus téméraires, ont bien tentés de faire la traversée à la nage jusqu'à la calanque de Marseilleveyre, juste en face, on dit aussi que pas mal d’entre eux y furent enterrés.

                                                       Il n'y a rien sur Jarre !


    La peste à Marseille et le Grand St Antoine

    un peu d'histoire...

    Deuxième quinzaine de mai 1720, la bourgeoisie Marseillaise assiste à la "première" d'un opéra de Lulli, pendant ce temps un navire marchand, revenant de Smyrne chargé de soieries et de cotonnades est attendu par les négociants Marseillais pour la grande foire aux étoffes de Beaucaire, c'est un événement à ne pas manquer, l'économie locale et la richesse des notables en sont dépendants.

    Après bien des périples restés plus ou moins mystérieux, le Grand St Antoine, commandé par le Capitaine Marseillais CHATAUD arrive dans la rade. Bien que sa patente ne soit pas nette, Chataud a déjà fait une escale autant discrète qu'interdite au Brusc et à déchargé des ballots de soieries et cotonnades pour son propre compte.

    Déchargement d'autant plus secret que Chataud est propriétaire pour un quart de la cargaison officielle avec d'autres négociants Marseillais.

    Les miasmes de la peste sont ils dans le chargement ou dans les voiles douteuses récupérées à Smyrne, à vil prix, sur un navire reconnu pestiféré ?

    Plusieurs morts ont été notés sur le livre de bord pendant la traversée ce qui n'alerte pas les autorités sanitaires du Port.

    Après maintes tergiversations, laissant le temps de décharger le plus précieux de la cargaison, le Grand St Antoine sera mis en quarantaine à l'île blanche ( au Frioul ) puis, la contamination ne pouvant plus être cachée au peuple, il sera mis "à l'abri" dans une crique de l'île Jarre où il sera finalement brûlé le 26 septembre 1720.

    Le 9 juillet  les premiers morts de peste sont déclarés, entre le 20 août et 20 septembre il y aura 1000 morts par jour, le fléau sera considéré éteint fin novembre, plus de 50 000 morts dans cette période pour Marseille et son terroir. Environ la moitié de la population.

    En réalité, la cargaison est sauvée tout au moins dans sa partie la plus coûteuse et la déclaration de peste qui n'a pas été tout de suite admise par les autorités à pris une telle ampleur que les moyens de l'époque se sont rapidement montrés impuissants.

    Paradoxalement certains des grands profiteurs de cette sombre histoire seront aussi des héros pour le courage qu'ils ont montré en portant assistance aux petites gens.

    Aujourd'hui des rues à Marseille portent leurs noms , parfois ils ont droit à des statues.

    Marseille est elle sans rancune ou amnésique ?

    A titre de comparaison, la peste de 1649 avait fait 8000 morts.


    La peste de 1720 vue à travers deux livres. Une approche différente du sujet, mais des conclusions similaires.



    L'or et la soie, un roman sans concessions, où un "érudit local" mène l'enquête et casse le mythe de la fatalité ou de l'ire de Dieu.

    Marseille ville morte, un document rigoureux basé sur des documents d'époque et des recoupements historiques.



    En contournant ces 2 îles , coté sud,  on arrive devant un rocher, légèrement détaché de la paroi, il a la forme d'une dent qui sortirait de l'eau...eh bien on l'appelle "pierre de Briançon", allez savoir pourquoi !


                                                             La pierre de Briançon

    Cet endroit est un très joli site de plongée, faisable par petit mistral, un fond de sable blanc fait de coquillages concassés, une arche décorée de  corail, des sars qui tournent autour, une petite merveille, accessible même aux petits niveaux de plongée, profondeur maxi 30 m.
    En cherchant bien dans les trous on pourra voir une langouste, un gros fiellas, des murènes.



    Jarre, coté sud, c'est une île percée de grottes sous marines, pas très profondes, et deux d'entre elles font le régal des plongeurs débutants qui vont pouvoir y faire leur première plongée "sous plafond".

                                                         La grotte arc en ciel, la sortie.

    - La grotte arc en ciel, tout près de la pierre de Briançon, un plongeur un peu expérimenté peut faire les deux plongées dans la foulée. Belle grotte ou la lumière joue un rôle majeur, tout en clair obscur.

    - La grotte mystérieuse, qui ne peut être faite que par beau temps établi. mais qui est pleine de vie, chambris ( petites cigales de mer), langoustes , coraux. nécessite un éclairage puissant.

    - La grotte sans fond, appelée ainsi parce que très dangereuse, pour qui n'a pas quelques notions de spéléo sous marine, très longue, plus de 70 m de boyau, et de 1,5 m de diamètre.
    Ce n'est pas pour tout le monde, peu de plongeurs sont allés jusqu'au bout.

    L'entrée de la grotte arc en ciel, juste en dessous la fissure oblique, sur la droite de la photo.

    A la pointe est de Jarre, un écueil, tout juste 3 m sous la surface de l'eau a été dans l'antiquité un lieu où de nombreux navires ont fait naufrage. L'écueil de Miet, l'Esteou de Miet .

    Pendant longtemps , les plongeurs pouvaient y trouver des débris d'amphores et de vaisselle Campanienne

    ( VI eme siècle avant JC ).
                                       Vaisselle Campanienne  assiette avec un bord cassé

                                                                          Soucoupe intacte

    La vaisselle Campanienne se caractérise par un vernis noir qui recouvre la vaisselle intérieurement et extérieurement, ainsi qu'une "signature", une petite fleur stylisée au creux de l'assiette. ( bien visible dans la soucoupe )

    Aujourd'hui l'écueil de Miet est un lieu privilégié de chasse sous marine.

    Les vestiges d'un naufrage plus récent forment un amas de roches concrétionnées, où abondent les poissons de roches.
    Ce sont des sacs de ciment solidifiés provenant du naufrage du cargo le BATAVIA dont les tôles éparses parsèment les environs.

    En contournant l'île  par le nord-est  on trouve une paroi plus ou moins découpée, très belle, mais sans intérêt ni historique ni pour les plongeurs. 

    Dans son milieu, une toute petite calanque avec une "plage" en roche bien plate permet un mouillage pour un Zod' , pas plus, et de faire un pique nique avec des endroits ombragés par la roche.


    Effet de perspective, il semble que toutes ces îles se touchent, Jarron, Jarre, Plane, et Riou.

    Vu du sentier des Douaniers à la hauteur de  la calanque de la Mounine.


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