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       Pour cette reprise de nos activités depuis la longue pause grippale, nous profitons d'une véritable journée de pré-printemps pour aller nous poser un instant sur une pointe rocheuse peu fréquentée, la pointe de l'Eissadon.

    Pointe rocheuse surmontée d'un pin couché par le vent dominant et visible de loin, quant à son accès c'est une autre histoire...

    la pointe de l'Eissadon vue du col de l'Oule

     Nous partons de Cassis, parking dans la rue qui mène à la presqu'ile, un sentier permet de descendre dans la calanque de Port Miou  où nous suivons le bord de falaise pour arriver à Port Pin.

     Le grand coude de la calanque de port Miou,

    yesla trainée bien visible, dans la mer c'est le courant extrêmement puissant de la source d'eau douce qui sort ici à quelques mètres sous le niveau de la mer. Source sous marine dont au moins une origine se trouve sur le plan des Masques à la ste Baume.

     Rapidement nous arrivons à la calanque de port Pin que nous traversons pour suivre le sentier bleu qui fait le tour de la pointe d'En Vau pour rejoindre le col de Portalet

     Un bel iris en fleur...printemps?

    remontée par le sentier bleu sur la croupe qui sépare En Vau de port Pin

     l'entrée de la calanque de port Pin


    et l'entrée de la calanque d'En Vau

     Le sentier longe la falaise et offre de superbes vues sur la calanque

    le doigt de Dieu en haut à droite sur la photo

     gros coup de zoom sur la plage et ses eaux d'une grande pureté.

    L' espace de sable blanc est appelé "la piscine"

     en face de nous de l'autre coté de la calanque, le rocher de Castelvieil, inaccessible aux marcheurs, même intrépides ! Réservé aux escaladeurs.

    au loin l'ile de Riou, vue à travers la brèche de Castelvieil

    Nous filons en direction du col de Portalet et remontons la piste, pour descendre dans le vallon d'En Vau par un sentier oublié, non balisé

     

     descente raide

     Une fois dans le vallon nous remontons le GR qui file vers le col de l'Oule

     longue descente dans le  vallon de l'Oule

     pour remonter par le sentier vert vers le belvédère de l'Eissadon, juste au pied des falaises Est du Devenson

     à gauche la pte de l'Eissadon et son pin couché, au centre la calanque de l'Eissadon, à droite l'aiguille et les fenêtres .

    Au belvédère nous crapahutons vers la pointe, sentier peu tracé et délicat, passage sur une étroite corniche avec entre deux roches, une très belle vue sur l'aiguille

     Faut un peu chercher les passages...

     grimper sans avoir le vertige

     longer les crêtes en balcon étroit

     et voilà le but de notre escapade, la pointe et le fameux pin qui comme un parasol planté en biais, trône au sommet

     photo obligatoire !

     coté Est, le belvédère d'En Vau et la pointe de Castelvieil

     au sud, le large

     à l'Ouest les falaises du Devenson

     au nord le belvédère de l'Eissadon et la rude grimpette vers les falaises  de Devenson

     Il nous faut un peu dés-escalader pour quitter notre caillou, à regret

     et revenir dans le fond du vallon de l'Oule, en faisant un tout petit détour par la grotte

     retour sur le parcours emprunté à l'aller, le vallon d'En vau, le sentier oublié, le Portalet

     grimpe du sentier descendu le matin, il faut parfois un peu chercher les passages, mais bon...

     sur le Portalet, très belle vue d'après midi (les falaises deviennent rougeoyantes dès que le soleil part à l'Ouest ) sur les falaises de Soubeyranes, le cap Canaille à droite et la bau de la Saupe à gauche

     retour sur port Pin par la descente du GR, et direction port Miou

     la carrière de Cassis et son front de taille devenu une falaise presque naturelle

     nous rejoignons la voiture garée dans la rue non sans un dernier regard vers la calanque port de plaisance de port Miou

     Une balade de 14,7km avec un cumul de dénivelé d'environ 700m.

     

     L’éditeur, l’auteur ou le diffuseur ne sauraient être tenus pour responsable dans
    l’hypothèse d’un accident sur cet itinéraire, et ce, quelles qu’en soient la cause.

    Pour les secours composer le 112

     


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  • Une petite précision : la GIRELLE, il s'agit du poisson !


    Pas le surnom donné à une jolie fille de Marseille.
    Désolé, pour vous Jolies Girelles* de la Belle de Mai ou d'ailleurs, mais aujourd'hui l'article est consacré aux amours étranges de ce charmant petit poisson.


    yes* ne pas confondre girelle et cagole... là c'est grave.


    La girelle, Coris Julis, est une des espèces de poisson les plus pêchées et pourtant les plus abondantes.
    Il faut dire que ce petit poisson de roche est pêché   par les pescadous amateurs pour entrer dans la réalisation d'une des meilleures soupes de poissons qui soit, la soupe de poisson de roches.


    Attroupement de girelles mâles et femelles, Le jeu du plongeur débutant ( et plus ancien, aussi ! )
    gratter du bout des doigts la surface de la roche et attendre quelques secondes. Les girelles vont arriver pour manger les minuscules débris dégagés.


    C'est une espèce qui vit entre 0,5 et 15 m d'eau, sur les roches, donc totalement à l'abri des filets et radasses ( chaluts ) des professionnels.

    La girelle ne se pêche pas la nuit, ces petits malins s'enfouissant dans le sable pour y dormir.

    Ce labre se nourrit de gastéropodes, de petits crustacés, et petits oursins, une vraie nourriture noble qui va lui donner une chair de première classe.
    Cette espèce si abondante et qualifiée à tort de commune, vit une vie amoureuse étonnante, et fort complexe que nous allons étudier ici.

    Les plus petits spécimens, ( 6 à 12 cm ) à la livrée brun-rouge terne, sont généralement les femelles, mais aussi quelquefois des mâles...                        Femelle, probablement, ou petit mâle, je ne suis pas allé voir  !

    Les plus gros, appelées girelles royales, aux couleurs brillantes sont les mâles , exclusivement.

    Mais ce n'est pas aussi simple, la girelle étant ( comme d'autres poissons ) hermaphrodite protogyne, c'est à dire qu'elle change de sexe  en grandissant, les mâles "girelle royale" sont donc TOUS nés femelles...vous suivez toujours? parce que ça va se compliquer!

    Parmi les plus petits spécimens, certains sont des mâles et ils le resteront toute leur vie, ils ne grandiront même pas, mais arriveront quand même à être reproducteurs, filous les bougres !


    La vie en comunauté :


    Une girelle royale ( la femelle devenue  mâle macho , pur et dur ) a un territoire, et sur ce territoire un harem, composé de femelles et aussi sans le savoir, de petits mâles, appelés mâles "primaires" mais qui ne chercherons pas à dominer le harem.
    Les girelles sont très agressives entres elles, les royales cherchant à piquer le harem des autres et les femelles cherchant dans leur propre communauté à être la femelle dominante.


    La taille d'un poisson n'étant pas mon critère de choix principal , cette photo est une de mes préférées.
    Photo prise pendant des paliers de décompression, au sud du phare de Planier dans 3 à 5 m d'eau.


    Tout ce petit monde vit dans l' harmonie de la sélection naturelle, jusqu'à ce qu'un pêcheur arrive et jette une canne à l'eau avec un hameçon et une esque.

    Là, le mâle dirigeant fond sur l'appât, le gobe et fini sa vie en soupe de poisson ou en friture.

    Et le reste de la communauté ?
    Dame Nature a tout prévu, la plus forte des femelles devient la patronne ,...et en 2 ou 3 semaines devient mâle avec les testicules qu'il faut, la taille et la couleur qu'il faut.
    Une mutation ultra rapide...Sauf si le pêcheur est resté sur place et a pêché un max de poiscaille, mais le processus continue ainsi de suite.
    Tout pêcheur sait que la première girelle pêchée est souvent la plus grosse sur le site de pêche.


    La reproduction :

    Il n'y a pas d'accouplement chez ces individus ( z'ont pas de bol, mais ils le savent pas ! ) , mais pendant la période de reproduction , d'avril à août, les gros mâles font la cour aux femelles en leur tournant autour ( tiens ça vous rappelle quelque chose ! ) , en les frôlant, et en les incitant à venir dans les zones de peu d'eau, entre 1 et 2 mètres, ils entrent brièvement en contact et émettent leurs gamètes.
    A ce moment les mâles primaires ( les petits , vous vous souvenez, faut suivre ! ) viennent participer aux ébats en lâchant leur sperme dans cette eau et ainsi arrivent à féconder des femelles sans y être invités, et reproduire leur espèce de mâles primaires ( mâle primaire, qui a dit "pléonasme" ?  je veux des noms.).

    Contrairement à d'autres labres, la girelle ne construit pas de nid,les œufs pondus sont pélagiques, leur développement s'effectuant en pleine eau et sont disséminés le long des côtes par les courants.

    Dans les zones de faible pêche ou dans les réserves, les girelles royales atteignent des tailles respectables, autour de 25 cm et les femelles y sont aussi beaucoup plus grosses.


    Il existe une autre variété de girelles, la girelle paon, Thalassoma pavo, que nous rencontrons en méditerranée du nord, alors que sa zone initiale était au sud de marenostrum.


    Cette girelle paon est devenue depuis quelques années une habituée de nos eaux , probablement en partie à cause du réchauffement des eaux, mais aussi à cause du ballastage des gros bateaux qui engouffrent des tonnes d'eau dans leurs cales pour ne pas être à "lège" et qui rejettent ces eaux une fois à destination.

     

    La vie amoureuse des girelles


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