•      Les gorges du Caramy au départ de l'ancienne carrière de bauxite de Mazaugues, voilà qui est une de nos randos classiques, mais qui risque aujourd'hui, d'être une rando ratée, mais bon, nous tentons le coup.

    ...Ratée parce qu'avec les fortes pluies de ces derniers jours, le mince cours d'eau habituel peut très bien être transformé en un beau torrent, nous verrons sur place, tant pis pour nous s'il faut faire demi tour une fois engagés dans la partie la plus sauvage des gorges.

    Les gorges du Caramy

     

     

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    Attention cette partie de la rando peut présenter des risques

    - en cas de forte pluie présente ou d'un passé récent

    - une partie du cheminement décrit dans ces lignes est non balisé et pour une part, vertigineux

     

    - présence d'enfants ou d'animaux dans le groupe qui se doit d'être restreint au mieux.

     

    En aucun cas l'auteur de ces lignes ne saurait être tenu pour responsable en cas d'accident, cet article est un reportage, et non une incitation à la randonnée hors balisage, en passages difficiles sans l'expérience nécessaire.

    Les gorges du Caramy

     En direction de Mazaugues, nous nous engageons sur la piste qui jouxte l'ancienne carrière de bauxite, au pont qui enjambe le Caramy, nous garons le véhicule, départ de la rando, ici.

    Notre programme, longer les hautes roches escarpées du saut du Cabri pour avoir une vue plongeante sur le début des gorges. descendre les gorges jusqu'au pont de Cassède et revenir au point de départ en remontant sur le plateau par un sentier "oublié" puis suivre le GR 99 et enfin la piste de l'ancienne carrière.

    Les gorges du Caramy

     Il n'y a pas trop d'eau dans le Caramy, mais cela ne veut pas dire que nous pourrons traverser facilement à gué. Concertation, nous décidons de tenter le coup, quitte à revenir sur nos pas et tout remonter.

    Bien entendu, pas question de passer par le barrage, pour cela il faut que le ruisseau soit complètement à sec, ce qui est loin d'être le cas. Les rochers du saut du Cabri seront une bonne alternative à un départ de rando par le morne GR sans intérêt.

    Les gorges du Caramy

     en longeant le torrent rive droite (pour mémoire... rive droite ou gauche sont définies en prenant comme repère le sens du courant) et en se tenant au plus près du Caramy, on va avoir de superbes points de vues sur les gorges .

    Les gorges du Caramy

     des roches espacées par des failles profondes forment un ensemble  rocheux étonnant, le cheminement se fait à "saute mouton" ou plutôt "saute cabri" , pas de sentier réellement balisé, mais le choix n'est pas grand.

    Les gorges du Caramy

    Les gorges du Caramy

     rester sur le bord de la falaise, sauter d'un rocher à l'autre et quand ce n'est plus possible, se diriger vers la droite, entrer un peu dans la forêt  et en oblique, rejoindre la piste

    Les gorges du Caramy

    Là sur cette piste balisage du GR 99, dans un virage un sentier permet de descendre tout en bas au fond des gorges juste après le barrage.

    Les gorges du Caramy

     depuis la sente raide à descendre, beau point de vue sur le barrage du Cabri et le cahot de gros rochers éboulés au fond du ruisseau.

    Les gorges du Caramy

     Le Caramy est bien en eau. Il subsiste encore ici et là les vestiges de la carrière, rails tordus, wagonnets au fond de l'eau, ce site aujourd'hui redevenu sauvage devait être un haut lieu industriel, la Nature n'a pas encore tout digéré.

    Les gorges du Caramy

     La plage de pierre plate n'est pas inondée, nous remontons un peu vers le barrage, mais celui ci n'est pas accessible

    Les gorges du Caramy

     l'eau coule bien et sur les cotés, une belle mousse ultra glissante nous attend.

    Les gorges du Caramy

     demi tour et descente vers le point où, avec un peu de chance nous pourrons traverser à gué. En effet, nous sommes rive droite et le seul cheminement possible se situe rive gauche, et encore... ce n'est pas sûr aujourd'hui.

    Passé les belles marmites qui forment de jolies piscine quand il fait chaud, nous progressons entre les arbres

    Les gorges du Caramy

     Ici, si on ne glisse pas, ça doit passer...

    Les gorges du Caramy

     Le torrent, durant les gros orages récents a tout arraché sur son passage, de nombreux arbres sont couchés en travers du lit. Troncs et branchages demandent à chercher son chemin, il est oublié le semblant de sentier qui est "normalement" utilisable.

    On va se contorsionner pour passer sous les arbres couchés, éviter de plonger les pieds dans les retenues d'eau couvertes de feuilles, piège !Les gorges du Caramy

    Les gorges du Caramy

     l'humidité et la mousse sont partout, un bel écrin de Nature sauvage

    Les gorges du Caramy

     Il ne manque que les yeux des alligators qui sortent juste de l'eau

    Les gorges du Caramy

     A la végétation près, l'ambiance est celle qu'on trouve dans les "criques" de Guyane.

    rayons de soleil qui s'insinuent dans les trouées de végétation, insectes qui nagent à la surface de l'eau, tout y est...sauf les alligators et les serpents...

    Les gorges du Caramy

     ça n'empêche pas de bien regarder où il faut mettre les pieds

    Les gorges du Caramy

     Un spectacle exceptionnel, parcours difficile et très lent, mais magnifique

    Les gorges du Caramy

     Une source jaillit de la roche et vient s'ajouter au Caramy

    Les gorges du Caramy

     Oupsss, là c'est chaud !

    Les gorges du Caramy

     petites cascades et reflets du soleil

    Les gorges du Caramy

     mais tout a un prix, cheminement sportif et tout en équilibre

    Les gorges du Caramy

    Les gorges du Caramy

    Les gorges du Caramy

     parfois très très au bord de l'eau

    Les gorges du Caramy

     finalement nous arrivons dans la partie aménagée des  gorges, large sentier qui d'ailleurs s'éloigne du ruisseau pour passer devant les ruines de la ferme Rimbert

    Les gorges du Caramy

     puis, plus loin, c'est l'arrivée au vieux pont Romain de Cassède

    Les gorges du Caramy

     Traversée du pont puis pique nique au bord de l'eau

    "et...au milieu coule une rivière"

    quelques truites nagent paisiblement dans l'eau claire

    Les gorges du Caramy

     Délaissant la large piste caillouteuse qui remonte vers le plateau de Cassède, nous prenons un sentier à peine tracé qui va rejoindre le GR 99.

    Les gorges du Caramy

     passer devant une ruine

    Les gorges du Caramy

     enfin apercevoir le monastère st Probace, de l'autre coté des gorges sur la colline.

    Les gorges du Caramy

     Une rando "nature" de presque 14 kms dans un décor exceptionnel mais dont la progression est rendue  difficile par autant d'eau dans le Caramy...mais c'est un peu ce qu'on voulait !

    Les gorges du Caramy


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  • Qu'est ce donc ce fameux serpent de Pétugue, et... qui est Pétugue?

    (yesarticle déjà publié sur l'ancien blog, mais de nouveau d'actualité) 

    Il nous faut si besoin est, nous replonger dans la lecture savoureuse de Pagnol, dans ses souvenirs d'enfance, où après l'épisode cocasse voyant le petit Marcel connaitre ses premières amours déçues avec la jolie, mais autant capricieuse que sotte,  Isabelle fille du poête Loïs de Montmajour, il revient à ses collines avec son cher Lili des Bellons pour poser ses pièges.

    Triste et marchant tête basse sur le plateau du jas de Batistou, ses yeux sont portés naturellement vers le bas du vallon tout proche.

    A travers les larmes à peine séchées qui embrouillent ses yeux, il aperçoit dans les broussailles une chose ronde, longue et aussi épaisse qu'une cuisse et, dépassant des ronces et de la baouco, deux longues oreilles qui ornent ce qui semble être la tête d'un monstre.

    Tout à sa stupeur et l'esprit encore perturbé par ses amours déçues, il reste interdit.

    Lili, en bon paysan connaissant tout de ses collines, lui susurre : UN SERPENT !

     

    - Un serpent....mais avec des oreilles ?

    - Oui...mais pas les siennes, il est en train d'avaler un lièvre.

     

    Tout à coup, une grosse chose jaune et verte remue à deux mètres de là, non, ce n'est pas un autre serpent, c'est sa queue !

     

    -Ô Bonne Mère ! s'écrie Lili, c'est le serpent de Pétugue !

     

    Pétugue, cultivateur d'une belle vigne de Jacquez aux raisins noirs et serrés, produit un vin d'une rare violence.

    Buvant une grande partie de son invendable production et ne  s'alimentant que de quelques oignons, tomates et de pain frotté d'ail, il compensait sa maigre pitance en éclusant cinq à six litres de son rude nectar dans la journée. Il passait,bien sûr,  pour l'ivrogne du village.

    Un bel après midi, le village tout entier vit arriver Pétugue encore plus déboussolé que d'ordinaire, allant même jusqu'à boire de grandes gorgées d'eau à la fontaine.

    Ce spectacle pour le moins surprenant avait attisé la curiosité du boulanger, du boucher et de tous ceux qui passaient par là, pensez donc...Pétugue buvant de l'eau !

    Encore sous le choc de l'émotion il racontait à qui voulait l'entendre, son aventure.

     

    Rentrant de sa vigne, fusil à l'épaule dans le fond du vallon des Escaoupres, son chien Souffrance, se mit à l'arrêt , pattes raidies, museau pointé devant un fourré.

    Pétugue attendait quand, d'un coup d'un seul, une gueule béante en jaillit, attrapa Souffrance et le tout se retira dans le fourré en faisant un abominable bruit de bois sec écrabouillé. Pauvre Souffrance !

    Pétugue, de frayeur, avait reculé de dix pas quand il vit l'horrible tête ressurgir du fourré, il ajusta son tir mais les chevrotines n'effrayèrent même pas la bête qui s'agitait en sifflant.

    Mort de trouille Pétugue lâcha son fusil sur le bord du chemin, et tout tremblant  s'enfuit en courant dans le vallon jusqu'au village.

     

    - Si on organisait une expédition avec des fusils à balles, on pourrait peut être l'avoir ? ...à dix ou douze !

     

    Le lendemain, nulle trace du serpent gigantesque, ni de Souffrance, le pauvre chien n'ayant jamais aussi bien porté son nom.

    Au bout de huit jours, lassés par des battues infructueuses, on finit par dire que Pétugue, complètement ensuqué par les litres de vin de Jacquez avait vu une simple couleuvre et que le chien courait sur les chemins à la poursuite d'une femelle en chaleur.

    Têtu, Pétugue n'avait jamais voulu en démordre, et le dimanche sur la place du village, il racontait encore et encore son aventure, le serpent grandissant de quelques beaux centimètres à chaque fois.

    D'ivrogne notoire il devint aussi la risée du village et les randonneurs passant dans le coin et connaissant l'histoire se faisaient mousser auprès des autres en interrogeant l'idiot du village.

     

    Le petit Marcel et Lili peu rassurés s'approchèrent du vallon où somnolait la bête en pleine digestion.

    S'armant de courage les deux futurs héros décident de faire tomber un gros rocher bancal sur l'énorme serpent pour l'écrabouiller.

    La tête aplatie sous le tas de pierres, le monstre était occis, seule sa queue fouettait encore pour quelques instants, les buissons de cade.

    Plus tard, posant pour la photo, le pied posé sur la bête de trois mètres vingt de long, nos héros étaient fiers d'avoir vaincu la bête...et de prouver que Pétugue avait raison.

    Celui ci fut appelé pour venir reconnaitre "SON " serpent et être ainsi réhabilité aux yeux des villageois.

    La foule apeurée par le monstre, admirait les enfant.

     

    - Bou Diou, qué mostre !

     

    Notons que dans la bouche des jeunes filles, cette expression s'appliquait aussi bien à la bête qu'aux deux enfants...sans en avoir la même signification !

     

    Dans un silence de respect, où tout le monde commençait à se repentir des moqueries faites à Pétugue, celui ci s'avança et sans un regard pour la bête, il s'écria:

     

    - A coté du mien...celui là c'est une ficelle !

    - C'est ça votre serpent ? moi je peux vous dire que le MIEN, le MIEN il est deux fois plus gros et trois fois plus long et des petits merdeux comme vous il en avalerait cinq ou six !

     

    tongue...Moralité, il n'est pas bon pour deux jeunes enfants de réussir là où un valeureux chasseur d'Allauch a échoué.

     

     

    Cette petite histoire vous donnera peut être, cher lecteur, l'envie de lire ou relire Pagnol et ses savoureux souvenirs d'enfance.

    Quant à nous, randonneurs qui cheminons régulièrement sur les traces de petit Marcel et de Lili, nous pouvons maintenant affirmer que cette histoire ...EST VRAIE !

    En effet, après beaucoup de recherches et de patience, parfois au bord du découragement nous avons retrouvé la preuve que ce serpent a bien existé.

      En effet, une pierre plate montre bien l'empreinte faite par l'écrasement de ce monstre, le choc fut si terrible que la pierre en a été gravée à tout jamais !

    serpent [640x480]

     


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